Google Sheets pour l’investissement : créer et gérer son portefeuille d’actions
Je me suis déjà retrouvé à chercher le prix d’une action dans un onglet, le nombre de titres détenus dans un autre et le montant investi au fond d’un carnet. Autant dire qu’il était difficile de savoir si mon portefeuille progressait… ou si je m’étais simplement trompé de calcul. Un tableur bien organisé évite ce petit théâtre.
Google Sheets permet de suivre ses placements, de calculer la valeur de son portefeuille et de repérer la répartition de ses investissements. Inutile d’être expert en finance ou en formules : quelques colonnes bien pensées suffisent pour commencer. Voici comment créer un outil pratique, sans le transformer en usine à gaz.
Définir ce que vous voulez suivre
Avant d’ouvrir votre feuille de calcul, prenez une minute pour décider de ce que vous souhaitez observer. Voulez-vous connaître la valeur actuelle de vos actions ? Comparer leur prix d’achat à leur cours du jour ? Suivre les dividendes reçus ? Ces objectifs déterminent les informations à saisir.
Pour débuter, un tableau peut contenir les colonnes suivantes :
-
Nom de l’entreprise
-
Code de l’action et place de cotation
-
Nombre d’actions détenues
-
Prix moyen d’achat
-
Montant investi
-
Cours actuel
-
Valeur actuelle de la ligne
-
Gain ou perte, en euros et en pourcentage
Vous pouvez ajouter une colonne pour les frais, les dividendes ou la date d’achat. Mais mieux vaut commencer simplement. Un tableau lisible que l’on met à jour régulièrement vaut mieux qu’un fichier sophistiqué abandonné après trois jours.
Créer une première feuille de portefeuille
Dans Google Sheets, créez une nouvelle feuille et donnez un nom clair à votre fichier, par exemple « Suivi de mes actions ». Inscrivez les intitulés de colonnes sur la première ligne. Figez ensuite cette ligne pour garder les repères visibles lorsque vous faites défiler le tableau : dans le menu d’affichage, choisissez de figer la première ligne.
Voici un exemple fictif. Vous possédez 10 actions achetées au prix moyen de 100 euros. Votre investissement initial, hors frais, est donc de 1 000 euros. Si le cours actuel atteint 112 euros, la ligne vaut 1 120 euros. Votre gain latent est de 120 euros, soit 12 % de votre mise de départ.
Dans le tableau, si le nombre d’actions figure en colonne C et le prix moyen d’achat en colonne D, la formule du montant investi en E2 peut être :
=C2*D2
Si le cours actuel se trouve en F2, la valeur de la ligne en G2 se calcule ainsi :
=C2*F2
Pour obtenir le gain ou la perte en euros, en H2 :
=G2-E2
Et pour le pourcentage de variation, en I2 :
=SI(E2=0;0;H2/E2)
Selon les réglages régionaux de votre feuille, il faudra peut-être remplacer les points-virgules par des virgules dans les formules. Vous pouvez ensuite mettre la colonne I au format pourcentage et les colonnes de montants au format monétaire. Les formules se recopient vers le bas en faisant glisser le petit carré situé dans le coin de la cellule.
Récupérer les cours avec GOOGLEFINANCE
Google Sheets propose la fonction GOOGLEFINANCE pour afficher certaines données boursières. Dans une cellule, vous pouvez essayer une formule de ce type :
=GOOGLEFINANCE("NASDAQ:AAPL";"price")
Elle demande le cours de l’action Apple cotée au Nasdaq. Remplacez le code de la place de cotation et celui de l’entreprise par ceux de l’action que vous suivez. Pour une société française, il est important de vérifier que le code utilisé correspond bien à la cotation recherchée. Les symboles peuvent varier selon la place et la source de données.
La fonction peut également renvoyer des informations historiques. Par exemple, une demande portant sur le cours de clôture à une date donnée peut s’écrire ainsi :
=GOOGLEFINANCE("NASDAQ:AAPL";"close";DATE(2024;1;2))
La disponibilité des données dépend toutefois des titres et des marchés. Les cours peuvent être retardés, incomplets ou indisponibles. Il arrive aussi qu’une formule affiche une erreur temporaire. Dans ce cas, vérifiez le code utilisé et la syntaxe, puis réessayez un peu plus tard. Pour une décision importante, consultez les données de votre intermédiaire financier ou une source spécialisée : un tableur est un outil de suivi, pas une salle de marché.
Calculer la valeur totale du portefeuille
Une fois vos lignes renseignées, vous pouvez calculer la valeur totale de votre portefeuille. Si les valeurs actuelles se trouvent en colonne G, utilisez par exemple :
=SOMME(G2:G20)
La même méthode permet d’additionner les montants investis ou les gains et pertes. Pensez à ajuster les numéros de ligne à la taille de votre tableau. Pour ne pas oublier la trésorerie disponible, ajoutez une ligne séparée : elle ne doit pas être confondue avec la valeur des actions.
Vous pouvez également calculer la part de chaque action dans le portefeuille. Si la valeur totale se trouve en G22, la proportion associée à la première ligne sera :
=SI($G$22=0;0;G2/$G$22)
Le signe dollar fixe la cellule du total lorsque vous recopiez la formule vers le bas. Cette proportion, affichée en pourcentage, aide à repérer si une seule entreprise pèse très lourd dans l’ensemble. La feuille ne vous dira pas quelle répartition choisir, mais elle rend la répartition actuelle visible.
Suivre les dividendes et les frais
Le cours d’une action ne raconte pas toute l’histoire. Certaines entreprises versent des dividendes, et les frais d’achat ou de vente ont aussi un effet sur le résultat. Pour garder une trace utile, créez une feuille distincte intitulée « Dividendes et opérations ».
Vous pouvez y noter la date, le nom du titre, le type d’opération, le montant brut, les frais et le montant net reçu ou payé. Pour un dividende, consignez le montant effectivement crédité et, si vous l’avez, le montant avant prélèvements. Distinguer ces valeurs évite de comparer des chiffres qui ne correspondent pas à la même réalité.
Pour calculer un gain plus fidèle, intégrez les frais à votre coût d’achat. Les règles de calcul peuvent devenir plus délicates lorsque vous achetez la même action à plusieurs prix ou que vous en vendez une partie. Notez chaque opération et conservez les relevés de votre intermédiaire : le tableur aide à suivre votre portefeuille, mais ne remplace pas les documents nécessaires à votre déclaration fiscale.
Rendre la feuille facile à lire
Une feuille claire est plus agréable à consulter et limite les erreurs. Quelques réglages font déjà une grande différence :
-
Utilisez une couleur discrète pour distinguer les titres de colonnes.
-
Appliquez le format « monnaie » aux montants et le format « pourcentage » aux variations.
-
Activez les filtres pour retrouver rapidement une entreprise ou trier les lignes.
-
Ajoutez une mise en forme conditionnelle pour faire ressortir les gains et les pertes.
-
Évitez de fusionner les cellules dans la zone de données : cela complique les tris et les formules.
La mise en forme conditionnelle peut, par exemple, afficher les valeurs positives en vert et les valeurs négatives en rouge. Ce repère visuel est pratique, à condition de ne pas laisser la couleur dicter votre humeur. Un jour rouge ne transforme pas automatiquement une stratégie de long terme en mauvaise décision.
Éviter les erreurs courantes
La première erreur consiste à mélanger le prix moyen d’achat et le dernier prix payé. Si vous achetez plusieurs fois la même action, indiquez clairement la méthode utilisée pour calculer votre prix moyen. Sinon, les gains affichés risquent d’être trompeurs.
La deuxième est d’oublier les devises. Une action cotée en dollars peut évoluer à la fois selon son cours et selon le taux de change entre le dollar et l’euro. Si votre portefeuille comprend plusieurs monnaies, ajoutez une colonne dédiée et vérifiez le taux employé. Sans cela, la valeur affichée en euros pourrait ne pas refléter l’ensemble des mouvements.
Enfin, méfiez-vous des mises à jour automatiques. Le cours affiché n’est pas toujours en temps réel, et les données peuvent parfois manquer. Inscrivez la date de votre dernier contrôle dans une cellule visible. Ce simple repère évite de prendre un chiffre ancien pour une cotation actuelle.
Protéger ses données et garder le bon réflexe
Votre feuille peut contenir des informations personnelles sur vos investissements. Vérifiez les paramètres de partage avant d’envoyer un lien : une feuille privée n’a pas besoin d’être accessible à toute personne qui le possède. Évitez aussi d’y stocker des mots de passe, des identifiants bancaires ou des codes de sécurité. Le tableur n’est pas un coffre-fort.
Enfin, consultez votre portefeuille à un rythme raisonnable. Une vérification mensuelle suffit souvent pour un suivi général, selon vos objectifs. Regarder les cours toutes les dix minutes ne rend pas les placements plus prévisibles ; cela rend surtout le café plus nerveux.
Un outil de suivi, pas une boule de cristal
Google Sheets est très utile pour organiser ses informations, comprendre la répartition de ses placements et suivre l’évolution de ses actions. Avec quelques formules et des données régulièrement vérifiées, vous obtenez une vue d’ensemble bien plus pratique qu’une collection de notes dispersées.
Gardez toutefois en tête qu’un portefeuille peut perdre de la valeur et qu’aucun tableur ne prédit les marchés. Les formules calculent ce qu’on leur demande, pas ce qui va se passer demain. Prenez le temps de vérifier vos chiffres, d’indiquer les frais et les devises, et de vous renseigner avant toute décision d’investissement. Ce sont des habitudes modestes, mais elles rendent le suivi nettement plus solide.
Vous aimerez aussi
Masque visage maison pour bouton : recettes naturelles et conseils d’utilisation
25 septembre 2026
ASPTT Bayonne : activités, services et informations pratiques
20 août 2026